Halide Mark III est arrivé — la suite (et pas encore la fin) du feuilleton

En avril, je vous racontais le divorce entre Halide et Apple : un rachat raté, un fondateur parti chez Apple, un procès entre associés. Je terminais sur un conseil prudent — ne touchez à rien tant que la poussière ne serait pas retombée.

Six semaines ont passé. La poussière n’est toujours pas retombée sur le plan judiciaire. Mais Halide, elle, a bougé.

Le procès n’a pas avancé, l’app si

Commençons par ce qui n’a pas changé : le dossier Sandofsky contre de With est toujours devant la Cour supérieure de Californie. Aucune décision publique à ce jour. Sebastiaan de With continue son travail chez Apple, sur les équipes de design. Ben Sandofsky continue de diriger Lux Camera. Les deux histoires avancent maintenant en parallèle, sans plus se croiser.

Ce qui a changé, c’est que Lux a choisi de ne pas attendre le verdict pour faire avancer l’application. Le 27 mai, après dix-huit mois de développement, Halide Mark III est sorti. C’est la première sortie majeure de l’entreprise depuis le départ de son designer historique — une façon de répondre par les actes plutôt que par les mots.

Ce que Mark III apporte réellement

Trois nouveautés structurent cette version.

Les Looks d’abord : cinq émulations développées avec le coloriste hollywoodien Cullen Kelly, pensées comme des outils avec une intention précise plutôt que comme des filtres décoratifs. Valencia pour les paysages et les scènes urbaines, contrastée et saturée. Rembrandt pour le portrait, avec des tons chair uniformisés. Nova, plus colorée. Zephyr, neutre, pensée pour évoquer le tirage argentique plutôt que la pellicule elle-même. Et Chroma Noir, un noir et blanc à contraste moyen. Process Zero, le mode zéro-traitement qui avait fait la réputation de l’app, reste disponible à côté.

Le Photo Lab ensuite : un vrai module de développement intégré, avec histogramme, réglages d’exposition, et un onglet Film pour le grain et le halo. Fini l’aller-retour vers une app tierce pour retoucher un RAW capturé avec Halide.

Et la surprise : Photo Lab accepte aussi les RAW venus d’ailleurs — Canon, Sony, Nikon, Fujifilm, Leica, Hasselblad. Halide devient, sur ce point précis, un outil de développement au sens large, pas seulement une app d’appareil photo iPhone.

L’interface a également été redessinée dans l’esprit Liquid Glass, avec des grilles de composition élargies (nombre d’or, rabattement du rectangle) et un sélecteur d’objectifs qui intègre désormais des recadrages. Pour ceux qui préfèrent leurs habitudes, l’ancienne interface Mark II reste accessible en option.

Côté prix, rien ne bouge dans l’esprit : 59,99 € à l’achat, ou 19,99 €/an en abonnement. Gratuit pour tout possesseur de Mark II.

Une mise à jour 3.1, sortie début juillet, a déjà suivi — rotation et correction de perspective dans Photo Lab, un nouveau Look chaud baptisé Scarlet, un réglage fin de la compression. Le rythme de développement, lui, n’a pas ralenti d’un iota depuis les turbulences du printemps.

Mon verdict honnête, mis à jour

En avril, je vous disais : restez sur Mark II, rien n’urge. Six semaines après la sortie de Mark III, Sandofsky lui-même rapporte que de nombreux utilisateurs ont basculé cette app d’un outil de secours vers leur appareil photo du quotidien. Ce n’est pas rien, venant d’une app qui s’adressait jusque-là aux situations où l’app native calait.

Je révise donc mon conseil. Si vous êtes déjà sur Mark II, la mise à jour est gratuite et sans risque : les Looks et le Photo Lab ajoutent de vraies options sans rien retirer de ce qui fonctionnait déjà. Si vous découvrez Halide, c’est maintenant le bon moment d’entrer directement par Mark III plutôt que par une version qu’on sait vouée à être dépassée.

Reste une question ouverte, et ce n’est pas la moindre : que devient la gouvernance d’une entreprise dont les deux fondateurs se retrouvent devant un tribunal ? Le produit, lui, ne montre aucun signe de ralentissement. Pour l’instant, c’est tout ce qu’on peut dire avec certitude.

Vous êtes passé à Mark III ? Dites-moi en commentaire ce qui vous a convaincu — ou pas.

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